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Migration

Le Courage Politique Peut Faire des Miracles

By Claire Hugon , François Gemenne

Non seulement la Gauche en Europe a manqué de prendre une position ferme sur comment gérer la question des refugiées humainement, mais elle apparait avoir renoncé à mettre en avant une image positive de la migration comme réalité sociale et influence enrichissante pour la société. Malgré que nous ayons vu comment le courage politique peut changer le ton du débat et faire évoluer les consciences, la Gauche en Europe capitule devant les peurs de ceux qui croient à la solution illusoire des frontières fermées. Une interview de François Gemenne par Claire Hugon.

Claire Hugon: On a l’impression aujourd’hui que plus personne ne sait parler des frontières, sauf pour les fermer. Est-ce que la gauche a capitulé sur la question des frontières ?

François Gemenne: Je crois que la gauche est profondément mal à l’aise. Elle se sent piégée sur ce terrain et dès lors, elle esquive le débat et renonce à être une force de proposition. Elle défend fondamentalement la même chose que les autres; il y a bien sûr quelques nuances, un peu plus d’humanisme proclamé, mais globalement, la gauche a rejoint le discours dominant, managérial et gestionnaire, qui prévaut aujourd’hui sur la migration. L’ouverture des frontières est une idée qui récolte de la sympathie chez certains (à droite aussi), mais personne à gauche n’oserait s’en saisir pour en faire une question de débat public. La seule force politique qui fait preuve d’un réel projet politique en la matière, aussi détestable soit-il, c’est l’extrême-droite. Et c’est elle, aujourd’hui, qui pose les termes du débat. Tous les autres partis ont hélas renoncé à toute ambition dans ce domaine.

Mais peut-on vraiment parler de débat, si la seule voix différente, c’est l’extrême-droite ? Avec un choix aussi restreint, c’est plutôt une confiscation du débat… Si les partis démocratiques acceptent de laisser l’extrême-droite mener la danse, ne donnent-ils pas par là-même une visibilité et une légitimité aux idées qu’elle véhicule ?

Lorsqu’en 1984 en France, Laurent Fabius déclare que le Front national apporte de mauvaises réponses, mais pose les bonnes questions, il donne effectivement au FN le contrôle de l’agenda médiatique et politique sur ces questions. La capitulation de la gauche est plus frappante que jamais d’autant que les boussoles morales sont aujourd’hui des personnalités de centre-droit : Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, le pape François… tandis que la gauche est parfois bien plus dure que la droite : qu’on songe aux critiques virulentes formulées par l’ancien chancelier SPD Gerhard Schröder à l’égard d’Angela Merkel, aux déclarations du premier ministre slovaque social-démocrate Robert Fico qui veut « surveiller chaque musulman du pays », ou, dernièrement, au président des socialistes belges flamands John Crombez qui propose de renvoyer à la mer les bateaux de réfugiés, emboîtant le pas aux socialistes néerlandais.

On est face à un vide propositionnel béant sur une question pourtant extraordinairement politique. Pourquoi la gauche est-elle aussi tétanisée, aussi incapable de formuler un discours différent et plus ouvert ? Est-ce qu’elle s’autocensure par peur de perdre des électeurs, ou est-elle réellement convaincue qu’il n’y a rien de mieux à faire ?

Il y a un mélange des deux. Ceux à gauche qui seraient en faveur d’une ouverture des frontières craignent de passer pour des fous furieux ou des idéalistes s’ils mettent l’idée sur la table. Toutefois, n’oublions pas qu’une partie de la gauche est fondamentalement xénophobe et anti-migrants. L’immigration est perçue comme une menace : contre la sécurité sociale, l’État-providence, les droits humains, le respect des femmes… Beaucoup voient encore les luttes sociales dans le strict cadre des frontières étatiques : remettre en cause les frontières, cela revient pour eux à remettre en cause les droits acquis. Et d’une certaine manière, un clivage entre souverainisme et universalisme s’est ajouté – substitué parfois – au clivage entre la gauche et la droite. Le souverainisme est désormais très présent à gauche, notamment avec le retour du protectionnisme. C’est autour de ce double clivage que les positionnements politiques doivent se lire aujourd’hui – à supposer que le clivage gauche-droite ait encore un sens.

Dans cette optique, si la gauche a peur de l’immigration, c’est aussi parce qu’elle l’associe, à juste titre, à la mondialisation. Plutôt que de voir la mondialisation pour ce qu’elle est – une réalité, un fait avéré – la gauche y reste en général farouchement opposée, car elle menacerait l’ensemble de droits et d’acquis que nous, en tant que nation, avons créés pour nous-mêmes. Il reste extrêmement difficile de sortir du cadre intellectuel de l’État-nation pour penser les luttes sociales. Nous sommes coincés dans l’idée d’une nation ethniquement homogène, et donc menacée par l’immigration. Il me semble absurde et anachronique de défendre l’idée qu’à un territoire correspond un peuple, comme s’il y avait un ‘droit d’antériorité’[1] : on va, au contraire, se diriger vers une virtualité de la nation, où des gens venus de partout habiteront partout. La souveraineté, aujourd’hui, reste conçue comme puissance suprême au sein d’un territoire. C’est un concept qui n’a plus évolué depuis 1648 et la Paix de Westphalie ! Les questions migratoires, mais aussi les questions écologiques[2], et beaucoup d’autres, imposent aujourd’hui de faire évoluer le concept de souveraineté.

En plus, le modèle de l’État-nation est déjà dépassé par le haut et par le bas : d’une part, l’intégration européenne suit son cours, et d’autre part, les mouvements indépendantistes se renforcent. Mais il ne s’ensuit pas nécessairement que les frontières sont devenues inutiles : par exemple, elles structurent l’espace démocratique, elles délimitent les contours de la citoyenneté à la fois dans son sens de participation politique et dans son sens d’obéissance aux lois. Les frontières sont encore jugées indispensables pour protéger les identités culturelles contre l’uniformité. On peut vouloir l’ouverture des frontières sans pour autant vouloir leur suppression.

Bien sûr ! Là où l’ouverture des frontières concerne la circulation des individus, la suppression des frontières participe plutôt d’un cosmopolitisme, d’un universalisme des valeurs et des droits. Je souhaiterais qu’une série de valeurs et de droits deviennent universels plutôt que d’être considérés comme l’apanage d’une nation.

J’ai beaucoup travaillé sur le Bangladesh, et j’aime dire que les droits des femmes au  Bangladesh auront beaucoup progressé le jour où les filles pourront y porter des mini-jupes ! Mais on a abandonné cette prétention universaliste. Nous sommes sans cesse dans une posture défensive: plutôt que de voir l’opportunité de faire progresser les droits des femmes dans le monde entier, on a peur que les filles ici ne puissent plus porter de mini-jupe.

… et qu’elles doivent porter le voile !

La gauche a abandonné une certaine idée marxiste de l’internationalisme et de la lutte des classes mondialisée. Elle renoue aujourd’hui avec des idées de patriotisme économique, de fierté nationale, qui ont souvent des relents assez réactionnaires et souverainistes.

Sans oublier l’universalisme des droits de l’homme, partie intégrante du projet de la gauche. Ne faut-il pas aussi situer ce renoncement sur la question des frontières dans un contexte plus large de renoncements de la gauche sur bien d’autres fronts, notamment le combat pour l’égalité et sur le rôle de l’État ? Pour faire oublier d’autres capitulations sur ses fondamentaux, la gauche s’engouffre dans le discours sécuritaire et agite les fonctions régaliennes pour donner à l’opinion publique l’illusion d’une présence étatique forte et ferme, même si cela signifie qu’on préfère le symbole au projet.

Il y a de cela. Mas il y a aussi le souci de protéger les perdants de la mondialisation. Ceux-là auront peu de contacts avec l’immigration, et ne bénéficieront que très marginalement des opportunités de mobilité. Leur vision de l’immigration reposera souvent sur l’expérience des quelques individus issus de l’immigration qu’ils côtoient ou sur l’image que leur renverront les médias. Pour ceux qui se sentent délaissés par la mondialisation, le discours de l’immigration comme opportunité ne peut trouver aucune résonnance, que du contraire. Et les enquêtes d’opinion montrent que c’est un électorat qui pourrait basculer à l’extrême-droite, ce qui justifie beaucoup des discours de la gauche sur l’immigration.

C’est commode de présenter les attaques envers notre sécurité sociale comme venant de l’extérieur, alors qu’un peu partout, et notamment en Belgique, ce sont les partis au pouvoir qui la détricotent de l’intérieur… Les migrants sont de parfaits boucs émissaires, d’autant qu’ils ont peu voix au chapitre. Ils sont rendus coupables de la dérégulation économique alors qu’ils en sont surtout les victimes. D’un côté, on prend des décisions dures très symboliques pour montrer qu’on lutte contre le « problème » de l’immigration, et de l’autre on profite de la présence de nombreux travailleurs maintenus volontairement dans l’illégalité et la précarité, qui travaillent au noir et constituent la fameuse armée de réserve bon marché. Si on permet aux migrants de travailler légalement là où ils vivent, ils participeront à la société et contribueront à la sécurité sociale et à l’impôt. 

Il y a effectivement une grande hypocrisie par rapport à la question du marché du travail.  On craint que l’ouverture des frontières déstabilise complètement le marché du travail, alors qu’elle renforcerait précisément la protection sociale des travailleurs. La question des travailleurs détachés concentre aussi beaucoup de craintes lorsqu’est évoquée l’ouverture des frontières. Mais cette situation, qui est effectivement scandaleuse, est tout à fait indépendante de la question de l’ouverture des frontières. Si les travailleurs détachés avaient accès normalement au marché du travail, ces montages alambiqués ne seraient plus nécessaires.

Reste l’idée que ce qui vient de l’extérieur est menaçant, qu’il y a ce “eux” et ce “nous”, alors que l’amélioration des conditions de travail pour les migrants permettrait une amélioration des conditions de travail pour tous. Mais on ne parvient pas à voir les migrants comme capables de participer à augmenter le “gâteau social”, on les voit juste comme ceux qui rendraient la part de chacun plus petite.

On retrouve toujours ce raisonnement qui veut que l’on soit face à une sorte de vase communiquant, comme si l’amélioration des droits des uns se doublait forcément d’une diminution des droits des autres. Pour certaines questions, comme le mariage entre personnes homosexuelles, beaucoup de personnes qui n’y étaient pas nécessairement favorables à titre personnel n’auraient pas imaginé s’opposer à une mesure qui donnait plus de droits à une catégorie supplémentaire de personnes, sans en retrancher aucun aux autres. On ne parvient pas à appliquer le même raisonnement aux droits des immigrés, parce qu’il y a toujours ce “eux” et ce “nous”. Or, dans une logique cosmopolitique, il n’y a pas de “eux”, il n’y a que des “nous”. Le concept même d’étranger disparaît.

Il y a un déséquilibre flagrant dans le traitement médiatique. Récemment, au journal télévisé de la chaîne publique belge francophone, tout un sujet a été consacré au fait que quelques jeunes demandeurs d’asiles avaient commis des faits d’attentats à la pudeur dans un train. Ce type de faits, et il faut le regretter, arrivent pourtant tous les jours sans qu’ils n’atterrissent dans l’actualité.

L’immigré est toujours renvoyé à sa condition d’immigré, qui devient consubstantielle de son identité. On n’admet toujours pas l’idée que lorsqu’on accueille des migrants, on accueille des des gens normaux, des gens exceptionnels, des salauds et même des racistes. Albert Einstein et Steve Jobs n’ont pas révolutionné la physique ou l’informatique parce qu’ils étaient issus de l’immigration, mais parce qu’ils avaient des capacités hors du commun ! De la même manière, les auteurs des attouchements sexuels et des viols de la nuit du Nouvel An à Cologne n’ont pas commis ces actes parce qu’ils étaient étrangers, mais parce que ce sont des salauds. Pour le meilleur ou pour le pire, les étrangers sont toujours ramenés à leur condition d’étranger. C’est pour cela aussi que je refuse d’entrer dans un discours décrivant l’immigration comme une opportunité ou une richesse ; c’est simplement un fait social. Et ces discours – bien intentionnés – qui soulignent que tel ou tel artiste, tel ou tel sportif, sont des immigrés, me sont aussi insupportables que ceux qui stigmatisent les étrangers criminels ou délinquants.

Comment, en tant qu’écologistes, peut-on construire un discours différent sur les frontières et entamer la reconquête idéologique ? Les arguments existent, les données existent, le monde académique et la société civile sont prêts… comment arrive-t-on à la traduction politique ?

Il faut avant tout arrêter de se demander ce que l’opinion publique va en penser. Lorsqu’Angela Merkel décide d’ouvrir les frontières et d’accueillir massivement les réfugiés, elle ne dispose pas d’une opinion publique fondamentalement plus favorable qu’ailleurs, et l’extrême-droite allemande, si elle ne pèse pas autant dans les urnes, est infiniment plus violente que dans beaucoup de pays européens. Pourtant, c’est là une grande leçon de politique : elle a porté l’accueil des réfugiés comme un rendez-vous à ne pas manquer avec la mondialisation – elle a évidemment le grand avantage que personne ne la soupçonne d’être une douce rêveuse manquant de pragmatisme ! Et son opinion publique, globalement, l’a suivie, même si elle se trouve en difficulté aujourd’hui, faute d’avoir été soutenue par l’Europe. Personne n’aurait cru il y a un an que l’Allemagne réussirait à accueillir 1% de population supplémentaire, qui plus est majoritairement musulmane, et pourtant, elle a dit “Wir schaffen das”, et ils l’ont fait. Avec quelques crispations et difficultés, mais ils l’ont fait.

Je pense que c’est un exemple qui peut être inspirant, parce qu’il montre que le courage politique peut entraîner l’adhésion. Il y a quelques semaines, j’ai donné une conférence sur l’immigration à Munich, et les Munichois parlaient eux-mêmes du ‘miracle de Munich’ : ils ne pensaient pas qu’ils auraient été capables d’une telle générosité. Je pense que le courage politique a un effet entraînant. Merkel n’accueille pas les réfugiés uniquement par grandeur d’âme : c’est un projet politique pour l’Allemagne, sa vision de son pays à 25 ans.

Elle a montré que c’était possible; alors que beaucoup de partis se retranchent derrière une opinion publique qu’ils supposent négative, ou même qu’ils contribuent à façonner négativement, pour ne pas agir en la matière.

Souvent, on croit que quelque chose est impossible simplement parce que ce n’est pas une option portée par les partis politiques. Je pense que la première étape, et la plus cruciale, c’est d’en faire une option crédible, et convaincre les gens que c’est possible. Il y aura du débat, et tant mieux. Notre rôle est de créer une place pour que ce débat puisse avoir lieu, de l’imposer à l’agenda politique.

Il importe de montrer, concrètement, ce que veut dire l’ouverture des frontières, il faut faire entrer cette option dans le champ du concret. Dire que l’ouverture des frontières, ce n’est pas leur suppression : c’est la fin des visas, pas des passeports. Dire que cela ne va pas entraîner des flux massifs d’immigration supplémentaire : le projet migratoire est un projet tellement impérieux, tellement lourd, qu’il n’est pas déterminé par l’ouverture ou la fermeture d’une frontière. Il y a là un fantasme qu’il faut absolument dépasser : on s’imagine souvent que l’ouverture des frontières entraînerait des migrations dans tous les sens. Pas du tout ! Ce n’est pas une frontière ouverte qui va décider un migrant à migrer, de même qu’aucune frontière fermée n’empêchera jamais un migrant de migrer. L’effet principal de l’ouverture des frontières, c’est de rendre les migrations plus sûres, plus dignes et moins chères. La difficulté politique, c’est qu’il faudrait que toutes les frontières soient ouvertes : aucun pays n’osera ouvrir ses frontières seul, car il craindrait (sans doute en partie à juste titre) que tous les migrants coincés ailleurs n’entrent là où la porte est ouverte. Un de nos buts dans le projet de recherche MOBGLOB était précisément d’étudier, prospectivement, les effets concrets de cette ouverture des frontières. Et la grande conclusion de nos travaux, c’est que cela n’aurait pas beaucoup d’incidence sur les flux migratoires futurs. Cela change énormément de choses aux conditions des migrations – pas à leur existence.

Les écologistes se trouvent dans un contexte stratégique on ne peut plus favorable pour se saisir de l’ouverture des frontières: l’actualité nous y pousse, et nous sommes, en Belgique comme à beaucoup d’endroits en Europe, dans l’opposition, ce qui nous permettrait d’avoir une parole parfaitement libérée sur la question, sans aucun partenaire à ménager. Pourtant, même dans nos rangs, je suis étonnée du nombre de personnes qui sont effrayées par la perspective que nous puissions aujourd’hui revendiquer l’ouverture des frontières comme un objectif politique, par peur d’un retour de bâton électoral.

Il est évidemment très difficile, sinon impossible, de convaincre toute la population d’adhérer à ses idées, mais ça ne doit pas empêcher d’assumer un vrai projet de société sur l’immigration. Ce qui importe est de rester intègre et de porter fièrement une vision politique. C’est cela, je crois, qui entraîne l’enthousiasme et l’adhésion. C’est cela qui fait le succès de mouvements comme Podemos. Lorsque j’ai voté pour la première fois, en 1999, Ecolo en Belgique était le choix de 65% des primo-votants. Il est ensuite devenu très mainstream, ce qui a certes permis de vraies avancées dans les gouvernements, mais il faut constater que, sur la plupart des sujets, Ecolo n’est plus aussi en pointe qu’il a pu l’être. Les électeurs ont du respect pour les projets politiques cohérents et mobilisateurs.

La faillite actuelle de la gauche consiste également à ne pas chercher à faire évoluer les esprits, à renoncer à convaincre, notamment en suivant les sondages d’opinion. Il y a, me semble-t-il, une place pour les discours qui ne sont ni désespérants, ni effrayants. Quelle concession nous faisons en n’occupant pas ce terrain, en laissant les droites extrêmes et nationalistes dicter l’agenda sur ces questions !

Je crois aussi que les électeurs méritent qu’on leur fasse davantage confiance. Lorsque la gauche renonce à exprimer un projet d’ouverture des frontières sous prétexte que ce serait inaudible, c’est une insulte qu’elle fait à ses propres électeurs.

C’est une forme de condescendance, un manque de confiance dans les facultés d’engagement, de générosité et de clairvoyance de la population.

Non seulement on prive les gens d’une option politique, mais on les prive aussi de l’opportunité de participer à une dynamique mobilisatrice et positive : en France, un petit village a eu l’occasion d’accueillir, un peu par hasard, une famille népalaise qui avait tout perdu dans le tremblement de terre d’avril 2015. Les habitants ont été tellement enthousiasmés, transformés par cette expérience d’accueil qu’ils ont formé une association pour accueillir des réfugiés syriens. Le ‘miracle de Munich’, il peut se reproduire partout.

 

[1] L’expression est empruntée à François De Smet.

[2] Sur ce sujet, voir notamment Mairet G. (2012) Nature et souveraineté. Paris : Presses de Sciences Po.

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