Green Transition

Réconcilier la ville et la nature : une expérience parisienne

La contribution des villes à la transition énergétique sera sans doute un des objectifs assignés à l’urbanisme par la future loi française sur la transition énergétique. A Paris des programmes et des constructions se soumettent déjà à des exigences de moindre consommation et de réduction de leur contribution aux gaz à effets de serre. Des normes nationales et spécifiquement parisiennes encadrent ces objectifs pour les bâtiments publics de la capitale.

Alors que des efforts en terme d’énergie semblent engagés qu’en est-il de la transition écologique ? Comment les villes – dont l’empreinte écologique ne cesse de croître- peuvent- elles répondre à la destruction de la biosphère à sa surexploitation, à l’épuisement des ressources biologiques et à l’effondrement de la biodiversité ? Renverser cette tendance catastrophique pour le vivant, dont nous faisons partie, peut-il devenir un objectif de l’urbanisme ?

A travers les espaces verts l’urbanisme donne une place au vivant en ville mais il faut aller plus loin. L’ensemble des objets urbains pourraient participer à la transition écologique et contribuer à la protection du vivant et aux fonctions écologiques. De tels objets existent, dispersés, expérimentaux et isolés. Cette construction se compose d’un gymnase, de logements sociaux et d’un jardin en toiture. J’ai voulu, en tant que Maire adjointe à l’urbanisme du 20ème arrondissement de Paris de 2001 à 2008, une réalisation qui associe localement bien public, solidarité sociale tout en renouant avec la nature à travers un bâtiment qui en principe nous en sépare. Ce qui m’a intéressée c’est de passer de l’antinomie au lien. Voilà pourquoi cette opération architecturale remarquable et reconnue est avant tout un projet politique. Son but est de démontrer que l’horizon de la réconciliation entre la ville et la nature n’est peut-être pas si utopique. Il est possible de transformer la ville avec des constructions qui proposent une réponse intégrée aux besoins proprement humains, sociaux tout en contribuant positivement aux fonctions écologiques. Inscrits dans les trames vertes et bleues ces objets redéfinissent un territoire ou ils deviennent un maillon des continuités écologiques. Ainsi nous pouvons commencer à réfléchir aux possibilités pour l’urbanisme de surmonter les antinomies entre ville et campagne, entre nature et artificialité, entre minéral et vivant, entre volonté de dominer la nature et désir de la retrouver.

Cet ensemble architectural conçu par l’agence TOA Architectes Associés est constitué de 47 logements sociaux, d’un gymnase et d’un jardin en toiture. Il s’insère dans le tissu extrêmement dense (plus de 50 000 hab/km2) d’un quartier populaire de l’est parisien. Il a été livré début 2008. Le jardin sur le toit d’une superficie de 600 m2 est jardiné la semaine par une association d’insertion, le mercredi par enfants et le week-end par des habitants du quartier. Un apiculteur y a installé des ruches. Le gymnase accueille les collégiens du quartier ainsi que les associations sportives locales. Lors de la rénovation de ce quartier insalubre nous avons veillé au maintien de la population. Les 47 logements sociaux ont permis de reloger en partie ces habitants.

Newsletter

Sign up to the newsletter for handpicked highlights of articles, interviews and translations published each month.

Select the language(s) for which you would like to receive notification :

Select the theme(s) for which you would like to receive notification :

Cookies on our website allow us to deliver better content by enhancing our understanding of what pages are visited. Data from cookies is stored anonymously and only shared with analytics partners in an anonymised form.

Find out more about our use of cookies in our privacy policy.